La Grande Vire Sud de la montagne de Véran

Magali et François Lachaux – jeudi 10 septembre 2020

Les 4 sommets de la Croix de Fer, de l’Aiguille d’Aujon, du Chapeau Gaspard et de l’Aup de Véran forment un chaînon de 2 km situé au cœur du massif du Faucigny. La Croix de Fer et son pilier dominent la vallée de l’Arve à l’ouest. L’Aup de Véran fait face aux Grandes Platières à l’est. Les versants nord et sud de l’ensemble du chaînon sont parfaitement orientés vers les pôles. La traversée classique de la crête s’effectue au départ de Flaine mais aucun topo n’explique comment réaliser une boucle en versant sud. C’est ce qui nous intéresse précisément puisque nous venons de Sallanches via le refuge de Véran.

Nous savons qu’un passage existe en pleine face sud. Il permet aux cafistes de Sallanches de rejoindre le refuge de Véran après les Feux de la St Jean à la Croix de Fer. Cela évite un long contournement par l’Aup de Véran. Nous observions depuis longtemps la grande vire sud qui traverse le chaînon sur toute sa longueur en changeant d’étage vers la faille d’Aujon. Il fallait qu’on aille découvrir son ou ses accès depuis Monthieu.

Des souvenirs de fleurs magnifiques nous reviennent au sortir de la cheminée de Monthieu. C’est un des endroit les plus fleuri du secteur. Nous nous contentons de nouvelles pousses de gentianes printanières et de lys martagon en graine car la saison est bien avancée. Nous nous dirigeons vers la faille d’Aujon bien visible. Nous accédons au pied de la cheminée mais observons rapidement que son ascension est trop technique surtout en libre. Magali cherche un passage de son coté et moi de l’autre. Nous « raouattons » le secteur pendant un moment avant d’apercevoir un passage qui semble se gravir.

Après quelques minutes d’hésitation nous nous lançons dans son ascension. Nous commençons par l’escalade d’une rampe exposée de 15m. Nous imaginons la désescalade à tout moment en cas d’échec comme nous n’avons aucun matériel. Nous découvrons un spit et une cordelette au sommet de la rampe et réalisons qu’une vire facile pouvait nous faire arriver au même endroit. Nous grimpons un couloir orienté Sud Ouest sur 100m. A son sommet, nous découvrons une seconde cordelette fixée à un pieu. C’est certainement le fameux rappel du CAF. Nous accédons enfin à la grande vire sud. Nous longeons la vire jusqu’à la partie supérieure de la faille d’Aujon. C’est le changement d’étage de la vire ! Nous remontons un dernier couloir logique en terrain à chamois et découvrons un autre rappel.

L’alpirunning, c’est aller à la vitesse de la montagne !

Nous sommes au milieu du chaînon. Nous rejoignons le Pilier de la Croix de Fer par la fameuse vire que nous admirons depuis longtemps. La remontée sur la crête est possible à au moins deux endroits. La vue est splendide. Après une pause à l’extrémité du Pilier, nous choisissons de faire le tour par le nord pour revenir sur l’Aiguille d’Aujon via la rampe classique. Enfin sur la crête nous y resterons jusqu’à l’Aup de Véran en passant par le Chapeau Gaspard, et non sans avoir faire le court aller-retour à l’Aiguille d’Aujon. A noter que les cartes indiquent « Les Fiz » un avant sommet de l’Aup de Véran. La traversée sur la ligne de crête est jolie et facile. Nous nous remettons à « courrater » un peu. L’alpirunning c’est ça ! C’est aller à la vitesse de la montagne, parfois lentement, parfois rapidement. Nous sommes accompagnés par plusieurs vautours.

L’exploration reprend

A l’Aup de Véran, nous repartons à la recherche d’une possibilité de revenir sur le passage du rappel que nous avons découvert à la montée. Le premier couloir après le sommet semble accéder facilement à la grande vire sud. Nous descendons d’un étage puis reprenons le balcon. En avançant de nouveau vers l’ouest, nous découvrons une corde en dessous de nous, dans une cheminée oblique. Deux choix s’offrent à nous, explorer cet endroit ou continuer sur la vire pour atteindre notre point connu de montée. Evidemment nous prenons la possibilité la plus excitante : la corde !

Fixée à un spit en haut, un au milieu et un en bas, la corde (statique) mesure dans les 80m. Elle semble être en place pour un retour d’escalade d’un des piliers de la barre rocheuse. La descente de la cheminée est exposée malgré cette main courante. Sur sa partie basse, la corde est très abîmée. Au pied de la cheminée, nous rejoignons une vire puis les alpages du Col de Monthieu. Sur le chemin du retour, nous nous retournons plusieurs fois pour admirer notre boucle.

Le modernisme aberrant des Feux de la Saint Jean !

Nous sommes consternés d’observer que depuis quelques années des feux d’artifices polluants et bruyants ont complètement remplacé les traditionnels feux de bois. Nous observons tellement de déchets en montagne liés à ces feux. Le débroussaillage pour éviter les incendies entraîne l’extinction de fleurs rares. L’organisation de parcours nocturnes grâce à l’installation définitive de catadioptres entraîne une pollution visuelle. Le bruit lié aux explosions des feux d’artifices est insupportable même un seul jour dans l’année !

Arrêtons tout ce cirque et respectons l’environnement.
Faisons interdire les feux d’artifices en montagne !

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