La dame du Croisse Baulet

Jeudi 8 octobre 2020 – François Lachaux

Avec Magali, nous partons vers ce sommet en face de la maison que nous avons tellement parcouru à pied, hiver comme été (et à ski dans mon autre vie). Nous savons que le Croisse Baulet regorge d’itinéraires de toute beauté tels que le Torrent du Dard, celui des 3 Dames et maintenant cet itinéraire de la Dame du Croisse Baulet !

La scène est la même, c’est juste le décor qui change.

C’est exactement ici, il y a un an, que je me suis fait une entorse de genoux en glissant sur neige dure malgré mes crampons. Il me manquait un piolet ! Cette période transitoire est certainement la plus dangereuse de toute car certains endroits de moyennes montagnes sont encore complètements secs à l’est ou au sud et d’un coup, la neige dure ou molle complique sérieusement la progression. Et il peut aussi y avoir des avalanches selon les quantités de neige. Il faut reprendre les bons réflexes d’analyse de la nivologie et d’étude des trajectoires. Malgré tout l’alpirunning hivernal qui commence est délicieux car la scène est la même, c’est juste le décor qui change !

Nous montons pleine balle. C’est qu’en semaine, il faut pouvoir gérer judicieusement notre besoin d’aventure avec nos vies professionnelles. Magali a posé une matinée pour venir avec moi car je bosse de l’après-midi à l’usine. Nous évitons la cabane du Petit Pâtre en empruntant un couloir de neige dure qui nécessite l’usage de nos piolets. Nous montons ensuite plein ouest « juste pour voir » le départ de ce couloir qui nous fait de l’œil.

Le terrain est partiellement enneigé et il y a de la glace. La lumière passe à travers les nuages et réchauffe. Des morceaux de glace et neige tombent. Nous sommes au départ du petit couloir, c’est raide. La présence de neige ne nous inquiète pas trop mais on décide de mettre nos crampons sur nos baskets. Magali utilise des Snowline sur ses Sense Pro 3 et moi des Grivel sur mes Slab Speed 2. Nous progressons également avec le piolet. Je dégage la neige au fur et à mesure que j’avance pour faire apparaître la roche ou la terre et dire d’avoir « un plat » suffisant pour grimper. Des blocs de roches instables partent. La montée est courte mais intense. Je gère. Je prend le temps d’analyser la trajectoire tout en imaginant à chaque instant la possibilité d’un repli. C’est que je ne veux pas absolument pas que ce passage devienne si tendu qu’il devienne stupide. Tout se passe bien !

Nous sortons au sommet nord puis rejoignons le vrai sommet à 2236m d’altitude. Nous revenons sur nos pas jusqu’au point 2216m afin de prendre l’itinéraire des magnifiques « 3 Dames ».

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